A la une ce mois-ci

  • Le congrès de la CGT à Marseille : les positions pures et dures de la confédération seront-elles durables ?

     

    Le 51ème congrès confédéral de la CGT se sera donc tenu du 18 au 22 avril à Marseille. Les observateurs auront noté une tendance à la radicalisation des positions officielles de la centrale, celle-ci mettant en cause le principe même du dialogue social, dès lors que celui-ci se réduit à négocier en baisse les avantages acquis. Il s’agit donc pour la CGT de négocier des avantages nouveaux correspondant à ses revendications. Il s’agit là d’une position classique, dans la ligne de la politique de la Centrale durant les « trente glorieuses ». Sauf que les Trente glorieuses sont derrière…

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Dans les librairies

  • Dialogue social Une urgence pour l'entreprise

    Dialogue Social - Une urgence dans l'entreprise

     

    La référence au « dialogue social » fait partie aujourd’hui du discours obligé de tous les leaders politiques, patronaux et syndicaux. Il en résulte une grande ambiguïté sur ce qu’il faut retenir de ce concept mou.

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Editorial

  Relations sociales : les racines de la violence  

 « Avec lui, pas moyen de discuter ; il est dans la violence et il refuse tout compromis ; le moindre petit problème est pour lui l’occasion de monter le personnel contre la Direction ; en fait, il n’est absolument pas représentatif mais il terrorise tout le monde ; les autres syndicats n’osent pas ne pas le suivre quand il lance un mouvement ».

Des propos que me tient la Direction, je retiens que ses relations avec le syndicat dominant sont fortement conflictuelles. Il me reste, à partir d’un certain nombre d’hypothèses, à comprendre l’origine du problème et la logique de la situation ; ceci en vue de la recherche d’une solution de sortie de crise :

  • ce militant est peut-être spontanément violent, peut-être caractériel, peut-être soucieux d’être reconnu comme quelqu’un qui compte (ce qui n’est pas forcément le cas dans l’exercice de son métier) ; peut-être sa violence dissimule-t-elle une grande sensibilité, qu’il camoufle soigneusement ;
  • il est possible que sa violence soit l’effet des couleuvres qu’il a dû avaler, de ses déceptions professionnelles ou personnelles, des « sales coups » dont il a été victime par le passé, que tout le monde a oublié sauf lui-même ; et si ce n’est pas lui, peut-être est-il porteur de la violence faite à ses parents lorsqu’il était enfant et dont il n’a pas fait son deuil ;
  • peut-être s’est-il investi dans ce qui lui paraît une noble cause : mettre fin à l’exploitation des travailleurs en vue de construire une société fondée sur la justice, la solidarité et la promotion du travail ; et il aura donné à cette « lutte » une expression empruntée à la vulgate marxiste qui lui sert de vision du monde ;
  • peut-être est-il exaspéré par le comportement quotidien des représentants de l’autorité à son égard : petits chefs méprisants, et d’autant plus méprisants qu’ils le considèrent comme un adversaire ; et il attribue alors au patron les brimades, réelles ou supposées, dont il est victime ;
  • peut-être est-il animé par une ambition : faire ses preuves afin d’être repéré par son organisation, de s’y imposer et d’accéder à une fonction dirigeante au niveau local ou professionnel ; moins compte alors pour lui le devenir des salariés au nom desquels il s’exprime que son avenir personnel, même s’il dissimule et se dissimule à lui-même les mobiles de son action ;
  • peut-être se veut-il l’héritier d’une tradition révolutionnaire familiale : il s’agit alors pour lui de se montrer à la hauteur des parents ou du grand père dont on lui a, durant toute son enfance, raconté et raconté encore la saga ;
  • ou alors attribue-t-il à la mauvaise volonté patronale et à l’indifférence des dirigeants les multiples petits problèmes de la vie quotidienne qui, malgré les demandes incessantes des intéressés, restent en l’état : éclairages défectueux ou chaises branlantes, dont il coûterait peu d’en finir mais qui se perdent dans l’indifférence de la « hiérarchie ».

Je ne le connais pas. Je ne le juge pas. Il faudra simplement que je trouve les leviers qui me permettront de passer de cette situation de crise à un équilibre plus satisfaisant pour les parties en présence. Et ces leviers, je ne peux pas les connaître à l’avance, même si je peux les imaginer.

 

Hubert Landier