A la une ce mois-ci

  • Le syndrome d’Hiroshima et le dilemme des cadres

     

    « Je suis convaincu depuis quelque temps que la crise que nous traversons tous appelle un profond réexamen de l’ensemble de nos valeurs et de nos engagements. (…). Nous approchons à grands pas d’une situation dans laquelle nous serons obligés de réexaminer notre désir d’abandonner la responsabilité de nos pensées et de nos actions à des institutions telles que les partis politiques, les syndicats, l’Eglise ou l’Etat. » Ce point de vue a été formulé en 1959  par Claude Eatherly dans une lettre au grand philosophe autrichien Günther Anders[1]. Eatherly était le pilote de l’avion…

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Dans les librairies

  • Huber Landier, Ed L'Harmattan

    Vers l’entreprise polycellulaire - Pour penser l’entreprise de demain

     

    Notre façon de concevoir l’entreprise renvoie à un état de la pensée qui est celui de l’époque de Descartes et de Newton. Il en résulte une vision mécaniciste, déterministe et analytique qui ne correspond plus, ni à la réalité de l’entreprise ni à ses exigences de fonctionnement. Comment, dans sa conception même, prendre en compte l’incertitude, la complexité, l’interdépendance des…

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Editorial

L’horrifique histoire de l’Ile de Nauru

Un paysage dévasté d’étendues lunaires, des cimetières de voitures abandonnées, de frigos et de tout le bric-à-brac de la société de consommation, une population hébétée, incapable de quoi que ce soit, un taux d’obésité atteignant plus de 50% de la population adulte, une kyrielle de pathologies, parmi lesquelles le diabète type 2 atteignant 66% des personnes âgées. Comment en est-on arrivés là ?

L’Ile de Nauru, au large de l’Australie, était habitée par une petite population d’un peu plus d’un millier de Mélanésiens qui y vivaient du produit des cocotiers et de la pêche. Arrivent les Européens, en 1798. Colonisation par l’Allemagne, puis par l’Australie, puis par le Japon, puis de nouveau par l’Australie (sous mandat des Nations unies). Indépendance, en 1968, puis proclamation de la République de Nauru et admission à l’ONU.

Entretemps, la puissance occupante a découvert que l’île (21 km2) recouvrait un énorme gisement de phosphate. Exploitation du phosphate et création de la Pacific phosphate company en 1906. La république nouvellement proclamée en retire d’énormes profits pour une population qui s’élève à 10 000 habitants, compte tenu de la présence des Chinois amenés là en vue de travailler dans les mines. Nauru accède au pouvoir d’achat le plus élevé du monde avec celui de l’Arabie saoudite. L’argent coule à flots. Investissements somptuaires (création d’une compagnie aérienne, organisation d’un festival international). Et ceci jusqu’à ce que le gisement s’épuise, au début des années 90. Bref, les « 20 glorieuses » de Nauru.

Ensuite, c’est la descente aux enfers. L’Etat essaye de trouver des subterfuges : blanchiment d’argent, vente de passeports, marchandage des voix aux Nations unies, plus récemment, accueil, pour le compte de l’Australie, de réfugiés afghans et irakiens. On en est là ; l’Etat est surendetté, les immeubles à Melbourne et ailleurs ont été saisis par les créanciers, la population est devenue une des plus pauvres du monde, elle a perdu son identité et l’environnement est pollué et dévasté.

Vous voyez où je veux en venir. Jared Diamond avait mis en avant le cas de l’Île de Pâques comme expérience prémonitoire de ce qui pourrait se produire à l’échelle de la planète. Plus près de nous, il y a aussi le cas de l’Île de Nauru.

Hubert Landier