A la une ce mois-ci

  • Une crise sociale en trompe l’œil dissimulant des arrières pensées politiques[1]

     

     L’affrontement entre la CGT d’une part, le gouvernement d’autre part sur le projet de loi El Khromi a vite été qualifié de « crise sociale ». Or, ce n’est pas une crise sociale. Et ceci pour plusieurs raisons.   Un mobilisation très minoritaire La première, c’est que les désordres récents, actuels et à venir  n’auront entraînés qu’un très petit nombre de salariés. La police a parlé, pour la journée du 26 mai, de quelque 150 000 participants pour toute la France. Rappelons que la CGT compte quelque 600 000 adhérents. Si on y ajoute Force ouvrière, Solidaires et…

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Dans les librairies

  • Dialogue social Une urgence pour l'entreprise

    Dialogue Social - Une urgence dans l'entreprise

     

    La référence au « dialogue social » fait partie aujourd’hui du discours obligé de tous les leaders politiques, patronaux et syndicaux. Il en résulte une grande ambiguïté sur ce qu’il faut retenir de ce concept mou.

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Editorial

Sous les pavés, la plage

 Pendant plusieurs semaines, la France aura donc vécu au rythme de l’affrontement entre la CGT et le gouvernement sur la question du retrait ou non du projet de loi El Khomri. On en trouvera plus loin l’analyse. Bien entendu, il en aura résulté, à l’étranger, une image calamiteuse. La France apparaît comme un pays dangereux pour les investissements, et peut être même pour les touristes.

Dans cette affaire, il convient de préciser que les media auront joué un rôle absolument essentiel. J’ai personnellement repris une journalise qui me demandait « que pensez-vous de l’affrontement entre les syndicats et le gouvernement ? » Il ne s’agissait pas des syndicats, mais d’un syndicat, et plus précisément de certains représentants d’un syndicat, constituant à eux tous une infime minorité par rapport à l’ensemble des travailleurs français.

Cette minorité, toutefois, présentait plusieurs caractéristiques qui méritent d’être soulignées. Premièrement, il s’agit de professions dont les arrêts de travail présentent une forte visibilité et une capacité de nuisance importante :  transports, énergie, information. On soulignera au passage qu’il s’agit là des secteurs clé que tout putschiste un peu averti s’efforcera d’investir en priorité.

En second lieu, il s’agit de professions dont les membres ne figurent pas parmi les damnés de la terre. Le salaire d’un ouvrier du pétrole est plus proche du traitement d’un sous-préfet de la République que du salaire d’une caissière dans la distribution. Ayant la naïveté de penser que le syndicalisme est fondé sur le double principe de la justice et de la solidarité, je ne peux qu’exprimer mon mépris. Comme me le disait naguère un ami, alors secrétaire général adjoint d’une confédération syndicale : « je suis moins inquiet de la situation des contrôleurs du trafic aérien que de celui des ouvrières du textile des Vosges ».

En troisième lieu, ces gesticulations médiatico-théâtrales n’ont heureusement pas grand chose à voir avec la France profonde. J’ai la chance, professionnellement, de pénétrer, en vue d’en faire l’audit, dans des entreprises de toutes tailles et de tous les secteurs d’activité. Tout n’y est pas toujours parfait, loin de là. Bien souvent, on ne sait ni s’écouter, ni se comprendre. Mais j’y vois des rapports sociaux qui sont le plus souvent corrects – il y a des exceptions avec telle ou telle personne. On se parle, quitte à s’engueuler, et on essaye de trouver des solutions intelligentes. Dans certains cas, il m’est arrivé de trouver les représentants du personnel, y compris ceux de la CGT, d’une extrême modération. Rien à voir avec les outrances et les violences que nous sert la presse.

Et c’est pourquoi je demeure optimiste en ce qui concerne l’avenir du dialogue social, et même en ce qui concerne l’avenir de la CGT. Certes, il y a des progrès à faire et je me flatte d’être de ceux qui essayent comme ils peuvent d’y contribuer. Mais, je peux en témoigner, les choses progressent. Je terminerai sur un conseil : fermez la télé, n’ouvrez pas les journaux, regardez autour de vous, parlez avec les gens : vous n’en serez que mieux informés.

 

Hubert Landier